David Beckham n'aurait-il plus la cote ? La star du Real Madrid, icône marketing par excellence, symbole du "foot-business", se trouve malmenée sur son propre terrain, celui des affaires. Le géant de la téléphonie mobile britannique Vodafone a annoncé, mardi 26 juillet, qu'il ne renouvellerait pas le contrat de sponsoring le liant au footballeur anglais, qui illustrait les campagnes publicitaires du groupe en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, en Espagne et au Japon, depuis 2002.
"Nous voulons remercier David pour sa contribution et son implication dans nos initiatives commerciales ces trois dernières années" , a simplement commenté Peter Bamford, responsable du bureau marketing de Vodafone. Le non-renouvellement de ce contrat, qui assurait au milieu de terrain international anglais une rémunération annuelle estimée à 1,45 million d'euros, aurait été décidé d'un "commun accord" . Maria Bellanca, porte-parole de la firme, a par ailleurs déclaré "n'avoir personne de prêt dans la minute" pour remplacer la star. Officieusement, il se dit que l'utilisation parallèle de l'image du joueur par le Real Madrid, dont le sponsor maillot est Siemens, concurrent du groupe britannique sur le marché de la téléphonie mobile, aurait entraîné la fin du partenariat.
LA COLÈRE DU "PRINCE"
Jusqu'en 2002, David Beckham portait les couleurs du club anglais de Manchester United et son maillot rouge estampillé Vodafone. Depuis, il a rejoint la capitale espagnole. A Manchester, des joueurs comme le buteur néerlandais Ruud Van Nistelrooy ou le prodige portugais Cristiano Ronaldo sont devenus les nouveaux éléments porteurs de la marque.
Le magazine Forbes a évalué les revenus annuels de David Beckham à 27 millions d'euros, dont 20 millions provenant de contrats publicitaires, ce qui en ferait le 8e sportif le mieux payé au monde, et premier footballeur, devant Ronaldo et Zidane.
L'image de l'éphèbe du ballon rond est toujours exploitée, entre autres, par Pepsi, Adidas, Gillette. Mais, au moment où le Real Madrid achève une tournée en Asie, le marché japonais, et son fort potentiel économique, se montre de moins en moins lucratif pour la "marque" Beckham. Les révélations sur son aventure extra-conjugale avec Rebecca Loos, son ancienne assistante personnelle, en 2004, son tatouage au cou, la présence récurrente de son épouse Victoria à la "une" de la presse tabloïde auraient même porté un coup sévère à l'image de bon père de famille sur laquelle s'appuyaient les sponsors.
Résultat, l'homme qui monopolisait les panneaux publicitaires au Japon s'y fait de plus en plus discret. Les ventes de maillots à son nom se sont fortement réduites. Pire, l'idole, hier considérée comme un dieu vivant, est raillée. Comme au lendemain de la défaite du Real face au Tokyo Verdy (3-0), lundi 25 juillet, quand les journaux japonais épiloguaient sur la colère du "prince", déclenchée par le crachat de Kazuyuki Toda au visage de sa majesté. Le numéro 23 madrilène s'est même plaint de ces tournées lointaines qui fatiguent l'organisme, lui qui, en 2004, n'hésitait pas à partir au bout du monde, spécialement pour la promotion de sa marque.
Serait-ce là l'ultime preuve de la fin de règne du beau David Beckham en Asie ? En tout cas, son successeur semble tout trouvé. Ronaldinho, son plaisir de jouer, ses dribbles fous et son sens de l'improvisation ont déjà séduit les Japonais, qui s'arrachent le maillot du Brésilien du FC Barcelone. Signe qu'en football, l'esthétique n'importe finalement que dans le jeu.